Travailler dans … la sécurité civile

En 2011, la France comptait 250 000 pompiers répartis sous trois différents statuts :

Les sapeurs pompiers volontaires (SPV) représentent 80 % de ce nombre.

Les sapeurs pompiers professionnels (SPP), fonctionnaires des collectivités territoriales, principalement affectés dans les grandes agglomérations ou dans les centres de secours fortement sollicités ; ils représentent eux 15 %.
L’un comme l’autre sont civils et dépendent administrativement du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de chaque département.
Enfin les pompiers militaires, membres de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), ou du Bataillon de Marins Pompiers de Marseille (BMPM) et des unités d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (à Nogent le Rotrou, Brignoles et Corté).

Hubert Husson, Sapeur Pompier Professionnel et Sapeur Pompier Volontaire témoigne :

Quelle est votre fonction ?
Je suis pompier professionnel au grade de caporal au Centre de Secours Principal (CSP) de Marguerittes dans le Gard et également pompier volontaire à Vauvert.

Quel a été votre parcours ?
Après l’obtention de mon bac en 2003, j’ai passé et réussi le concours pour intégrer le bataillon des marins pompiers de Marseille.
En parallèle, je me suis engagé en 2005 comme sapeur-pompier volontaire au CSP de Vauvert – activité que j’exerce encore aujourd’hui sur mon temps libre.
En 2007, j’ai quitté mon poste à Marseille pour exercer mon activité de pompier professionnel en tant que civil à la caserne de Marguerittes.

Comment s’organise votre emploi du temps ?
Il est important de préciser que l’organisation du temps de travail est très variable d’un département à l’autre mais également d’une caserne à l’autre.

A Marguerittes, la durée du temps de travail hebdomadaire pour les SPP est de 36h, soit 3 gardes de 12h. En ce qui me concerne, il s’agit de gardes de jour qui varient d’une semaine à l’autre : ainsi une semaine je travaille les lundis jeudis et vendredis ; l’autre, les mardis mercredis et samedis de 7h à 19h.

En parallèle j’officie en tant que pompier volontaire au Centre de Secours Principal de Vauvert sur mon temps libre. J’effectue ainsi, une ou plusieurs gardes de jour ou de nuit de 12h par semaine, en fonction de mes disponibilités.

Quelles sont les possibilités d’évolution de carrière pour un SPP ?
Comme tout fonctionnaire, l’évolution de carrière passe par les années d’ancienneté. On commence  en tant « qu’homme du rang » avec le grade de sapeur; après  3 années d’ancienneté et avoir réussi un certain nombre de formations (A.F.P.S., C.F.A.P.S.E., F.I.A.1, F.I.A.2, F.A.E.C.E, L.S.P.C.C, A.R.I., …) on passe caporal, puis caporal chef. Viennent ensuite les grades de sous-officier: sergent, sergent chef, adjudant et adjudant chef ; enfin les grades d’officiers à savoir major, lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel et colonel .

Il y a également la possibilité de passer des concours afin d’évoluer plus vite. J’envisage d’ailleurs de passer le concours de sous-officier !

Comment se déroule une journée type chez les pompiers professionnels de Marguerittes ?

Lorsque nous ne sommes pas en interventions, une journée à la caserne s’organise comme suit :

7h : rassemblement
7h- 8h : inventaire des véhicules
8h – 10 h : sports
10h – 12h : manœuvres (entrainements / formations.  ex : incendie, désincarcération, secourisme…)
12h – 14h : pause déjeuner
14h – 17h : services (entretien de la caserne)
17h – 19h : sports / détente

Bien entendu, nous cessons toutes nos activités à la caserne dès que nous sommes appelés sur une intervention. On en compte en moyenne une dizaine sur 24h soit plus ou moins 70 par semaine.

Qu’en est-il du salaire ?
Un SPP qui débute touche environ 1500 euros nets par mois ; cela correspond au SMIC auquel s’ajoute la prime de feu.
Un sapeur pompier caporal gagne entre 1850 et 2000 euros nets.
Le salaire évolue en fonction des grades obtenus et de l’ancienneté.
Les pompiers volontaires sont pour leur part rémunérés à la vacation : pour une garde de 12h, il faut compter entre 80 et 90 euros.

Qu’est ce qui vous plaît dans cette activité ?
Ce qui me plaît avant tout c’est le fait de me sentir utile à la société. Le contact humain est aussi quelque chose de très important pour moi. J’aime rencontrer, aider, venir en assistance aux gens !
Enfin, c’est un métier où la routine n’existe pas : toutes les interventions sont différentes !

Quelles sont les qualités requises ?
La première qualité est pour moi le fait d’aimer les gens et le contact humain : la communication et l’échange sont au cœur de notre métier !
L’esprit d’équipe et la solidarité sont également des valeurs essentielles quand on travaille dans l’urgence et que l’on côtoie le danger au quotidien : la qualité d’une intervention passe nécessairement par la cohésion de l’équipe !
Enfin, ce métier exige une excellente condition physique

Quelles sont les difficultés / contraintes du métier ?
Nous côtoyons régulièrement la misère humaine ainsi que des personnes seules en grande difficultés sociales (des sdf, des personnes âgées).

Nous sommes également confrontés à la souffrance des gens, que ce soit des victimes ou de leur entourage. Il faut savoir prendre du recul pour faire face à tout ça : c’est plus ou moins facile …

Nous subissons par ailleurs un stress important : il peut certes s’agir d’un stress « positif » qui nous permet d’être réactifs lors des interventions mais également d’un stress « négatif » du fait du caractère « traumatisant » de certaines situations.

Enfin, il faut être à même d’accepter la discipline et la hiérarchie (mais c’est le cas dans de nombreuses professions)  ainsi que le rythme de travail : il n’est pas toujours évident d’être appelé sur une intervention au beau milieu de la nuit ou encore d’enchainer 12h d’affilée !

Qu’en est-il de la place des femmes dans cette profession ?
Les femmes sont de plus en plus représentées dans notre profession bien qu’encore largement minoritaires : on compte à peu près 10 à 15 % de femmes par caserne.

Elles apportent selon moi un réel « + » au sein d’une équipe d’hommes, notamment  pour ce qui est de l’écoute, de l’échange et de compréhension d’autrui !

Un conseil à donner aux jeunes?
Si le métier vous tente, passez par le volontariat. Cela vous donnera un bon aperçu de notre métier.

Pour en savoir plus sur le métier et les formations requises :

Fiches métiers de l’Onisep

Site WEB des Pompiers